jeudi, mai 07, 2009

BIOBIBLIOGRAPHIE


© Catherine Hélie, 2006

Écrivain.
Directrice de la collection LAURELI aux Éditions Léo Scheer.
Née le 21 février 1976 à Bastia, vit à Paris.

Autres activités : lectures publiques, collaborations musicales, écriture critique (Les Lettres Françaises, La Revue Littéraire, CCP, Revue Inter, Cronòpios...), conférences.


>> Livres publiés :

LE TRAVAIL DE RIVIÈRE, Dissonances/Pôle graphisme (avec une création graphique de Fanette Mellier), février 2009

FONCTION ELVIS, Éditions Léo Scheer, 2006

ORCHIDÉES & SALAMI, Discobabel, 2005

LA RUMEUR DES ESPACES NÉGATIFS (avec Thomas Lélu), Éditions Léo Scheer, 2005

JE NE SAIS RIEN D'UN HOMME QUAND JE SAIS QU'IL S'APPELLE JACQUES, Éditions Al Dante, 2004

ÉROS PECCADILLE, Al Dante, 2002


>> Autres publications :

Nombreuses publications en revues (notamment Nioques, Java, Musica Falsa, Action Poétique, La Règle du Jeu, Quaderno, Action Restreinte, BoXon, J'aime beaucoup ce que vous faites...) et collectifs.

En temps direct sur ROUGELARSENROSE.


>> Musique :

Voix du dernier disque de PIERRE HENRY, DEUX COUPS DE SONNETTE (Signatures, 2006).

Voix sur le disque de MOLYPOP, sous la barque (quand on creuse), à paraître en octobre 2008 (Laurelipop).





>> Lectures publiques et conférences en 2008 (sélection) :

Le 26 juin 2008 : lecture à la Librairie La cour des miracles à Rennes.
Le 19 juin 2008 : lecture à la Librairie Le comptoir des mots à Paris.
Le 23 mai 2008 : lecture à Chaumont (inauguration du Festival d’art graphique).
Le 16 mai 2008 : lecture aux Voûtes à Paris avec Olivier Mellano et Bastien Gallet.
Le 12 avril 2008 : diffusion d’une « fiction » France Culture réalisée à partir de Fonction Elvis.
Du 12 avril au 2 mai 2008 : série de conférences (autour de la poésie contemporaine et des blogs littéraires), de lectures et de performances au Brésil : Porto Alegre, Rio de Janeiro, São Paolo, Salvador de Bahia.
Le 18 mars 2008 : chanson « Ouvriers vivants » (tirée du RALBUM), chantée à l'émission Minuit/10 sur France Culture, en direct du Salon du Livre de Paris.
Le 20 octobre 2008 : lecture au festival des Rockomotives de Vendôme avec Emmanuel Tugny et Olivier Mellano.

samedi, février 21, 2009

Le Travail de rivière, 2009

Lorsque Fanette Mellier m’a proposé de participer à son projet de résidence à Chaumont, j’ai cherché ce qui, dans la ville, faisait écho en moi et choisi de m’intéresser à l’histoire de la ganterie Tréfousse. Plus précisément, j’ai voulu tisser un lien entre le travail ouvrier, concret, physique, et l’atmosphère de mystère et de merveilleux que j’ai ressentie dans cette ville entourée de contes et de légendes où la forêt est très présente. Oxymore annoncée dès le titre : « le travail de rivière » malgré son apparente joliesse est une expression qui désigne le travail de mégisserie, c’est-à-dire l’opération qui consiste à préparer les peaux tout juste écorchées pour les tanner et les transformer en cuir. De la mort au luxe en quelques opérations lustrales.
Une future gantière apparaît donc à Chaumont, entre deux guerres. Elle n’a pas de nom et guère de psychologie. Un « je » apparaît en étant le sien, sans l’être. On la devine néanmoins à la fois mélancolique – reflétant le paysage – et déterminée – jurant dans le décor. Elle grandit, pas à pas, entre la lecture du journal intime de sa grand-mère narrant ses inquiétudes de vraisemblable veuve de guerre et la guerre qu’elle vivra, au quotidien, depuis le petit point sur la carte que représente sa ville de naissance. Ce récit n’est pas linéaire. Il se troue notamment de fragments de contes, sens dessus dessous, en échos inquiétants avec ce qui est supposé être la réalité du livre. Le petit chaperon rouge meurt sans cesse, la gantière porte un châle rouge et les loups sont dans la ville. Au centre, un bref dictionnaire technique – dont certains termes sont détournés de leur définition principale – donne naissance à un deuxième glossaire aléatoire, disséminé dans le texte, qui contamine la narration.
Au final, c’est un trajet hybride, à la fois poétique et narratif. L’histoire se déversant dans le conte, la poésie imprégnant l’histoire, le dénouement épousant les méandres de la rivière.

PRESSE
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ÉRIC LORET, Libération, 7 mai 2009.

mercredi, juillet 12, 2006

Fonction Elvis, 2006



« Ci-gît MON Elvis.

Le vrai est une légende sous ©.

Le(s) vrai(s) déambule(nt) ailleurs. »




PRESSE
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PIERRE HILD, Le Matricule des Anges, juin 2006


JULIEN DOUSSINAULT, Aéroport Magazine, été 2006


LOÏC DI STEFANO, Boojum


SERGE HARTMANN, Les Dernières nouvelles d'Alsace, juin 2006


ÉRIC LORET, Libération, 1er juin 2006


JEAN-CLAUDE PERRIER, Le Figaro Littéraire, 1er juin 2006


PASCAL BORIES, Jalouse, 30 mai 2006


Elle, 29 mai 2006


CYRIL DE GRAEVE, Chronicart, mai 2006

jeudi, octobre 20, 2005

Orchidées & salami


Dessin de Béatrice Cussol créé pour la couverture de Orchidées & salami, Discobabel, Carte du Tendre, 2005

« ... Et puis il y a ce garçon du lycée. Il est un peu style rocker mais avec des yeux gentils. De longs cils. Cuir et jean et coton. Sand porte des socquettes blanches dans ses chaussures vernies car l’établissement l’impose mais c’est encore pire. L’effet, l’écart. Pretty dirty. Il pourrait s’appeler Bob ou Fred et ses parents à elle ne seraient pas contents. Trop jeune, trop tôt. La fille rentre tard. Elle rêve toujours. L’abandon substitut oh trace d’amour. Socquette sale ou bien ? Culotte en coton (c’est encore pire). Elle découvre que ses hanches qui percent la peau (pas trop), c’est absolument sexy. Râle, râle, râle jusqu’au profond profond. Lui, il est bien content de son arcade sourcilière romantique car ça bouillonne à l’intérieur. Il faut trouver un écho, des. Il lui dit « je t’aime oh bébé tu es belle j’ai envie de toi » mais sa pensée volage. Elle n’englue pas son souvenir. Elle, ni son visage ni son regard. Ni aucune. Sa pensée à lui est pire qu’un papillon, pire pute encore. Il pourrait sans doute même se gourrer de prénom. Le bon dieu sans confession et la moue ravageuse, c’est la caution rock&roll et la moto en prime. Au moins le blouson. Sand. Elle le regarde et le dévore et se laisse prendre. Un substitut aux affiches toujours un peu froides, toujours un peu lointaines, mal punaisées. Et composées. Ça se décolle et la béance. Fan, fan, femme. Oh mon Bobby/Freddy, t’accaparer seulement. T’accaparer. Puis rentrer dans le pavillon familial d’un sourire d’il y a quelques années d’innocence (ou presque). OU bien la révolte. Cris, coups, scandale, portes claquées. Elle aura carrément viré goth’ et aura quitté la maison. Noir, noir, noir. Pour lui. L’image. Et rien d’autre. Poursuivre la chimère mais les ombres s’agrandissent avec la journée qui passe jusqu’à s’étaler en flaques glauques. Noir, noir, noir et les os sous la peau. Elle découvre que ses hanches qui percent (un peu trop), c’est absolument sexy. À défaut se taper le roadie – ça rapproche toujours et c’est déjà pas mal. Roadie souvent gentil jouisseur. Des yeux noisettes, l’air enfantin, les cheveux longs. Il parle de « lui », les répétitions, les anecdotes, les manies, les backstages. La scène est toujours un peu trop au-dessus. Sommet pailleté. La cambrure du pied est douloureuse. Sur la pointe, pointe, pointe. Et le manque d’argent, de nourriture, il faut bien monnayer sa vie, en trajectoires. Reste de sandwich, pull troué, fond de bouteille, mégot qui traîne. Elle s’aperçoit un jour que ce qu’elle veut est emprisonné dans les chansons comme par un mauvais sort. Impalpable. Imbaisable. Fuck. Lampe et mauvais génie. Innommable. Elle pense à ces contes anciens, le charme est forclos, contraint – ou bien est-ce le froid. La petite fille aux allumettes a gaspillé son pactole. Elle se rend compte qu’elle a couru après une étoile, c’est ridicule. Gamine aux genoux maigres après un cerf-volant démâté. Et toutes ses couleurs en arc-en-ciel. Utopie, utopie. Puis elle s’endort, recroquevillée. OU bien elle se sera rabattue sur les copies de copies de copies – du troisième lit – et fait mettre enceinte par un sosie assez peu crédible de son Dieu à ceinture cloutée, dont les parents refusent catégoriquement d’entendre parler d’elle, cette petite écervelée, non mais rendez-vous compte, à son âge, et sans même un travail ni de projets d’avenir, c’est un piège, un guet-apens, c’est une calamité, mais qu’est-ce qu’il va devenir cet enfant ? Et lui, son mâle mal gominé, ne croise plus son regard, pupille lache et déjà loin et on fait des erreurs de jeunesse, chérie. Avortée – petit sac organique, dérisoire, sur fond de bassine plastique, quelle vie ! – elle pourra reprendre son boulot de serveuse de milkshakes en rollers et mini, jusqu’au prochain. OU bien encore en passant devant un grand hôtel elle bouscule quelqu’un et c’est lui et chance ! elle n’est pas habillée comme un sac et s’est lavée de partout et c’est le coup de foudre {La CRISTALLISATION, dit Stendhal. Le moment où soudain, d’un regard, d’une inflexion, d’un geste (les rubans qui palpitent, un long battement de cil, son épaule oh son épaule) l’accroc est définitivement planté en plein cœur – et qu’importe le désamour, il n’est que lassitude, orgueil, temps qui passe, appétit.

Paf ! viandé dans le lard comme une mélodie. Lancinante maladie dont on ne se sort pas.

Écho(s).} et ils s’aiment et eurent beaucoup d’enfants.

C.Q.F.D.,

pardon

That’s all, Folks

& dans la chambre... »



Autre dessin de Béatrice Cussol représentant Sand, l'héroïne de Orchidées & salami...

samedi, mars 19, 2005

La Rumeur des espaces négatifs, 2005



Avec THOMAS LÉLU



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vendredi, septembre 24, 2004

Je ne sais rien d'un homme..., 2004




« Je rêve d’un monde où Glenn Gould serait le nom d’un acteur porno »










« ... Certains jours, Jack aimerait écrire «une littérature qui se voit de loin». Il pense que ce serait utile, un peu comme les panneaux de signalisation, dans la rue. Sa contribution à l’ordre universel. Une clarification de la lecture du monde. La grammaire l’aiderait à tracer des droites et des angles droits, bannisant les courbes, les mouvements désordonnés. Il rêve de grandes pages A4 noircies en Times corps 11 sans trous, sans détours, avec de jolies marges, des points, des virgules, des paragraphes. Et même des guillemets. Ainsi les énoncés ne seraient-ils plus équivoques et peut-être l’angoisse moindre. Jack pense aussi que ça pourrait l’aider à cerner ses «je» et peut-être même à n’en garder qu’un. Mais Jack se moque gentiment de lui : «Encore une bonne résolution, sans doute». Et arrêter de fumer et aller à la piscine et ne pas laisser traîner le courrier… Il proteste. Il s’agit de plan, de lieux communs, de contraintes. Un peu comme jouer aux échecs, distraire son ennui. Rien que de très accessible. Et dire : «qu’il était bleu le ciel» et «verte la vallée», etc. Ça n’a rien de démesuré, ça n’a rien de honteux. Jack se tord de rire en le traitant de gros sentimental. Tu ne te connais même pas toi-même et tu voudrais parler leur langue ? Et leur faire croire que tu la parles ? Impunément ! Tant de naïveté sous une lucidité brandie, oui, vraiment, c’est trop drôle. Et l’air convaincu avec ça. «Qu’il était bleu le ciel» et «verte la vallée»… Tu te décrocherais toi-même la mâchoire en écrivant. Laisse tomber les bannières, tu ne gagneras jamais à ce jeu-là. Nous sommes en souffrance pour un certain temps encore. Sentiments absolus, démunis. Occupe-toi plutôt à constituer nos vestiges ordinaires, le flux coulera toujours avec ou sans toi.

Jack insiste. Son ombre rit encore. Une bouffée de cigarette, un mouvement de cils, des échos de paroles et c’est un manque insupportable, insurmontable. Il pense : voilà donc la solitude, personne qui partage mon non, personne qui partage mon oui. Il répète. Il aimerait écrire «une littérature qui se voit de loin» – une pause un peu gênée – pour en devenir un guerrier adulé. Voilà le fond du problème. Être aimé sans nier. Novel Star. Quelqu’un en moi veut un peu de consensus. Juste suffisamment. (Ici une jolie montée chromatique de cordes en mi mineur). Une nouvelle pause. Il prend un air sérieux. Il faut sauver le soldat Jack sur le point de succomber aux appels insidieux de la Renommée. Ses velléités soudaines sont incompatibles avec notre trajet maculé, dangereuses. Jack explique à Jack, patiemment. Ils aimeront leur propre regard parcourant les lignes bien disposées et les échos des clichés se répercutant dans les recoins flattés ou sensibles de leurs mémoires. Les souvenirs éveillés du plaisir à la douleur. La reconnaissance. Un peu comme on fredonne un refrain connu avec une joie sans cesse renouvelée. Et l’image du prosateur en plan américain entouré de ses livres, le regard tel qu’on l’imagine, aux nues. Sur un piédestal ménageant l’espace de la fascination mais de chair et de sang, néanmoins. L’oncle d’Amérique et le demi-dieu. Pas toi, pas toi, pas nous.

Je suis la désillusion fânée de Jack. Son cri ininterrompu. Il ne pourrait jamais écrire qu’à l’encre de sa mélancolie dérangée et ce n’est certainement pas cela qui le rendrait «aimable». Tout juste peut-être monstre pointé du doigt, magnétique et dérangeant. Mais il est d’autres chemins. Qui ménagent et la jouissance et le réflexe – mis à l’épreuve – et la mémoire. Peut-être un peu plus abrupts. Juste une différence de point de vue. Oublier la forme et penser à la formule. Se ballader dans le dispositif, sans frein... »


PRESSE
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ÉRIC LORET, Libération, sur Je ne sais rien d'un homme...



CLARO, Topo sur Je ne sais rien d'un homme...



ALAIN NICOLAS, L'Humanité sur Je ne sais rien d'un homme...

jeudi, mai 02, 2002

Éros Peccadille, 2002





« le bleu du ciel est plutôt noir, à l’œil »





Libé sur Éros Peccadille par Éric Loret.